XXIV
[Je t'adore à l'égal...]
La
fontaine
de sang
Spleen
La
musique
De
profundis
clamavi
Le
chat
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SPLEEN
Quand
le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la
terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la
pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches
tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de
longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. |

Charles Baudelaire - Autoritratto
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SPLEEN
(trad. di Gesualdo Bufalino)
Quando il ciel basso e grave pesa come un coperchio
sull'anima che geme, da lunghi tedi oppressa,
e colma l'orizzonte, abbracciandone il cerchio,
d'un lume bigio, triste più della notte stessa;
quando si
fa la terra un chiuso umido speco
dove va la Speranza, sbattendo negli assiti
con l'ali sue ritrose di pipistrello cieco,
o picchiando la testa contro i tetti marciti;
quando la
pioggia stende i suoi sbiechi ricami,
imitando le grate d'un'immensa bastiglia,
e una torma silente di tarantole infami
in fondo ai nostri cerebri mille reti aggroviglia;
d'un tratto
furibonde campane si scatenano,
e contro il cielo levano un cupo urlo di morte,
come anime al bando, raminghe anime in pena,
che senza requie gemano dietro le nostre porte.
E lunghi
lenti feretri m'attraversano l'anima
senza un rullo, una musica; singhiozza prigioniera
la Speranza; l'Angoscia sul mio riverso cranio
pianta, esosa e feroce, la sua nera bandiera. |

Autoritratto
caricaturale
(Baudelaire - 1844) |